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Interview de Jérémy MEAUSOONE
Bonjour, peux-tu te présenter ? Depuis combien de temps es-tu
adhérent à ROL ?
Bonjour, je m’appelle Jérémy MEAUSOONE, j’ai 34 ans. Je suis mal voyant depuis ma
naissance. J’ai la chance d’avoir un handicap qui ne bouge pas, depuis toujours
j’ai trois dixième à l’œil droit, zéro à l’œil gauche. Je suis adhérent à ROL depuis
2001. Je suis les cours à la ROL School de Lille Fives plusieurs fois par semaine
en niveau Perfectionnement.
Qu’est ce qui t’as plu chez ROL ? Comment es-tu arrivé dans l’asso ?
A l’époque, je pratiquais le judo handisport en salle, je souhaitais pratiquer un
sport de plein air et plutôt démonstratif : j’ai donc acheté ma première paire de
roller en 2000. Je me suis d’abord essayé tout seul au champ de Mars. C’est là qu’une
personne de ROL est venu me distribuer de la comm’ sur l’asso. Comme j’avais quelques
soucis avec le freinage, j’ai décidé de prendre des cours à la ROL School à Norexpo.
Pourquoi cette volonté de faire du roller ?
Car le roller c’est un sport mais aussi un mode de vie. Je n’ai pas le permis, mes
moyens de déplacements étaient limités soit en métro soit à pied. J’ai opté pour
le roller, c’est un moyen de transport qui me rend libre et autonome. C’est aussi
un sport que je peux exercer à l’extérieur, en dehors des cours contrairement au
judo handisport. Je peux montrer de quoi je suis capable en roller, j’en suis fière.
Comment procèdes-tu ?
Mon handicap visuel me permet de me déplacer seul, je perçois les obstacles. Par
contre, j’anticipe beaucoup plus qu’une personne valide. Dès que je ne connais pas
le revêtement ou que je ne suis pas sûre de ce qui m’entoure, je suis très vigilant.
Il y a certains mouvements que je ne peux pas faire. Par exemple, la marche arrière
en regardant du côté gauche. Ayant un champ très limité de cet œil, cela devient
dangereux.
Le roller est-il ton seul hobby ?
Non, je me passionne pour l’informatique et les jeux vidéo aussi. Avant, je pratiquais
le judo handisport que j’ai laissé un peu de côté pour pratiquer le roller.
As-tu des missions au sein de ROL ?
Oui, je suis bénévole. Je participe à l’accueil sur les salons, au nettoyage de
l’espace roller. J’aide également dans l’équipe Staff’i. J’aime en faire partie
car c’est un handicapé qui aide un valide. C’est agréable. D’habitude c’est le contraire,
cela me permet de rendre ce que je reçois.
Je fais aussi parti de la commission handisport avec Bernard et Stéphanie. Je suis
à l’initiative du projet de la section en intégration qui devrait voir le jour.
J’ai soumis cette idée à l’association en Septembre 2006, j’ai fait toutes les premières
démarches puis j’ai passé le relais à Bernard pour toutes les démarches administratives.
J’aimerai aussi devenir Co-animateur. Mais co-animateur signifie passer le BIF. Pour l’instant, nous ne sommes pas sûre que le BIF soit adaptés aux personnes handicapées.
Je suis en train de me renseigner sur la question.
J’ai aussi été guide d’un non voyant. C’était un ami de mon ancienne école l’ERDV
(Ecole Régionale pour les déficients Visuels) à Loos. Nous avons suivis les cours
ensemble à ROL School de Villeneuve d’Ascq, je le guidais, lui expliquais les mouvements
en le décomposant pour qu’il les visualisent dans sa tête.
Que veux-tu dire aux personnes mal voyantes qui n’osent pas faire du roller ? Quels
conseils ?
Il faut foncer ! Sortir de chez soi et pratiquer un sport. Cela permet de rencontrer
des personnes, valides, invalides, de toutes catégories sociales. Le sport permet
une vie sociale et de ne pas rester « en groupe, entre mal voyants ». Cela aide
même dans le travail, avec ses proches.
S’investir dans une asso, dans un sport montre que nous ne faisons pas rien. Nous
sommes actifs et intégrés dans la société. Quelque part l’entourage a de l’estime,
de la reconnaissance pour cette implication.
Quel avenir espères-tu pour ROL ?
Que l’association s’épanouisse de plus en plus mais qu’elle ne se perde pas.
Pour la cellule handisport, je souhaite qu’elle continue à développer ce projet.
Il faut continuer à chercher une salle de sport compatible avec le roller à Lille.
La salle à Villeneuve d’Ascq est bien mais le lieu n’est pas pratique pour les personnes
mal voyantes car nous n’avons pas de voiture. Pour aller aux cours, pas de problème
il y a le métro puis le bus mais pour le retour : le cours finit tard, il n’y a
plus de bus.
Interview réalisée en novembre 2007.
Propos recueillis par Laureline TAVERNE, en stage chez ROL.
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Jérémy MEAUSOONE
Jéremy, guide de son ami non voyant lors d'une rando à Villeneuve d'Ascq
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