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Interview de Ludovic DIERYNCK
Bonjour, peux-tu te présenter ? Depuis combien de temps es-tu
adhérent à ROL ?
Bonjour, je m’appelle Ludovic Dierynck et j’ai 31 ans. Je suis les cours à ROL Villeneuve
tous les jeudis depuis 3 ans avec ma compagne qui est aussi mon guide. Je suis en
effet mal voyant.
Depuis ma naissance, ma vue diminue petit à petit car ma rétine s’abîme due à une
maladie héréditaire. A ce jour, je vois encore les choses très contrastées. Aujourd’hui,
nous sommes en perfectionnement 2 et nous participons aux Rol Parade et aux randos
de Villeneuve.
Qu’est ce qui t’as plu chez ROL ? Comment es-tu arrivé dans l’asso ?
Avec ma compagne, Sylvie, nous avons découvert ROL grâce à son stand à Asso Passions
en 2004. L’association proposait une démonstration. Ca nous a plu. Nous nous sommes
renseignés. A cette époque, nous ne savions pas qu’il y avait déjà des personnes
mal voyantes qui prenaient des cours à Lille. Nous avons demandé si mon handicap
n’était pas un problème.
La personne du salon, Janine, nous a proposé de venir essayer.
Lors de notre premier cours, Janine a annoncé mon handicap et le fait que ma compagne
me servirait de guide. Puis l’intégration s’est faite très naturellement. Je n’ai jamais eu la moindre gène, aucune discrimination, tout se passe bien.
Ce qui m’a plu et me plait chez ROL Villeneuve : c’est la bonne ambiance. A chaque
cours il y a toujours les mêmes personnes, on finit par connaître tout le monde.
Il y a un bon esprit de convivialité. C’est cette ambiance qui fait qu’on revient
tous les ans.
Comment procèdes-tu lors des cours, dans la rue?
Lors des cours ainsi que dans la rue, je me déplace toujours avec ma compagne. Elle
est mon guide depuis 3 ans. Pour me guider, on se tient la main. Ainsi, lorsqu’on
roule grâce aux mouvements du corps, je connais les orientations à prendre. Nous
avons eu la chance d’avoir appris ensemble. Cela nous a permis de développer un
système de communication. En plus de se tenir la main, nous dialoguons beaucoup
par des mots clés. Comme par exemple lorsqu’il y a un obstacle elle me dit « Décale
! », lorsqu’il faut s’arrêter « on s’arrête » et pour suivre la marche « on tourne
à gauche, à droite ». Pendant les cours, au début Sylvie me réexpliquait tous les
mouvements en me les décrivant précisément pour que je les comprenne. Aujourd’hui,
les animateurs se sont habitués et décrivent les mouvements. Alors qu’avant c’était
« Pour ce mouvement, on fait comme ça » et ils montraient simplement le mouvement.
L’arrivée d’Isa nous a beaucoup aidé. Isa est très pédagogue, elle décompose tous
les gestes et son expérience du handicap fait qu’elle s’est beaucoup intéressée
aux difficultés que nous pouvions rencontrer. Elle essaie de nous trouver des trucs
pour mieux se guider. Comme par exemple, lorsqu’il fait beau et qu’on part en cours
à l’extérieur, elle nous montre comment se donner la main sur un trottoir étroit.
Elle observe et propose des solutions. Il reste néanmoins des exercices que je ne
peux pas faire comme les slaloms. Grâce aux cours, aujourd’hui, c’est un plaisir
de se balader en rollers.
Que fais-tu dans la vie de tous les jours ?
Je travaille à la mairie de Villeneuve d’Ascq à la direction des Ressources Humaines
en tant que chef de projet. A ce poste, j’ai deux missions différentes :
- la gestion des stages à la mairie. Je centralise des demandes de stages et j’essaie
de trouver des stages aux personnes qui en cherchent.
- la mise en place des contrats d’apprentissage.
Quel avenir espères-tu pour roller ?
Que ROL garde toujours autant de fraîcheur. Le travail de Tonio et de tous les autres
bénévoles est impressionnant. Je souhaite, pour le futur, que ROL puisse toujours
trouver des personnes aussi motivées et disponibles.
En ce qui concerne la cellule handisport, je souhaite qu’elle ne soit qu’une passerelle
pour les personnes qui en ressentent le besoin. Elle pourrait permettre d’acquérir
des outils avant d’intégrer les cours ordinaires. Dans l’absolu, les choses doivent
rester naturelles comme elles l’ont été pour moi. Créer un cours spécial peut donner
l’impression d’être « ghettoïsé ». Apparemment, les choses n’évolueront pas dans
ce sens et il restera un créneau en intégration. Ce serait super si des personnes
se proposaient pour être guide volontaire aux personnes handicapées. Une personne
mal voyante est toujours dépendante de son guide. Si le guide n’est pas là, nous
ne pouvons pas faire de roller. Le volontariat permettrait de palier cela.
Interview réalisée en novembre 2007.
Propos recueillis par Laureline TAVERNE, en stage chez ROL.
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Ludovic DIERYNCK
Ludovic et sa compagne à la rando "roulons avec nos différences" Avril 2006
A la Rol Parade du 16 juillet 2006
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