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Historique du roller

 

 

 

 

L'enfance de l'art

Les tous premiers modèles, bien différents des rollers que nous connaissons, sont apparus il y a deux siècles.

 

La pré-histoire.

De tout temps, l'homme a rêvé de se déplacer par d'autres moyens que la marche ou la course à pied, de plus en plus vite. Le patin permit à la fois de circuler et de se griser de vitesse.

Deux inventions ont prècédé celle du patin à roulettes : le patin à glace et la roue.
Le patin à glace est fort ancien : dans différents pays d'Europe, des archéologues ont découvert des patins en os datant du paléolithique supérieur. Il y a 20.000 ans, l'homme de Cro-Magnon était donc déjà un patineur.

L'invention de la roue date de plus de 5.000 ans. Apparue en Mésopotamie au IVe millénaire, elle fut d'abord utilisée horizontalement. Puis, les Sumériens eurent l'idée d'en fixer sous leurs traîneaux pour transporter des charges. Les hivers n'étant pas tous assez rigoureux pour que l'on puisse évoluer sur la glace, les adeptes du patinage cherchèrent le moyen de patiner à même le sol. Ils fixèrent des roues sous leurs patins. Afin de les rendre plus maniables, les points de contact des roulettes avec le sol étaient souvent disposés en arc de cercle.

 

Vers 1760 : Merlin

On attribue parfois l'invention des premiers patins à roulettes a un Hollandais anonyme du début du XVIIIe siècle. Le premier inventeur dont le nom soit parvenu jusqu'à nous est John Joseph Merlin, né en 1735 en Belgique. Il vécut à Paris puis s'installa à Londres en 1760. Il fabriquait des machines mécaniques, des instruments de mathématiques, des montres et, surtout des instruments de musique. Peu après son arrivée à Londres, il conçut une paire de patins à roulettes métalliques sans freins et sans direction. Il exposa ses inventions, entre autres ses patins à roulettes dans un petit musée privé.

 

1789 : Van Lede

Un deuxième inventeur originaire des Pays-Bas, où il naquît en 1759. Il se rendit à Paris en 1781 et fabriqua en 1789 sa première paire de patins à roulettes, que l'on nomma " patins à terre ". Le climat troublé de 1789 l'incita à quitter Paris pour regagner Bruges, où il en mourut 1834. On peut supposer que durant sa jeunesse, il consacrait ses loisirs hivernaux à patiner sur les canaux gelés de sa ville. Le climat plus doux de Paris dut l'inciter à inventer des patins utilisables quelle que soit la température.

 

1819 : Petibled

Trente ans après l'invention de Van Lede, le français Petibled, mécanicien, conçut un nouveau modèle de patins à roulettes en bois, en métal ou en ivoire. Une vis placée sous le talon servait d' " arrêtoir ". Ils étaient montés à la chaussure ou garnis de courroies. En 1819, Petibled se fit délivrer un brevet qui fait date : c'est le premier qui fut pris au monde pour des patins à roulettes.

La seule différence entre ces patins et les patins à glace consistait dans la substitution de trois roulettes à la lame d'acier. Plusieurs expériences furent couronnées de succès. Les patineurs parcouraient avec rapidité les longues avenues. Mais cet amusement n'eut qu'une durée éphémère pour trois raisons : les inégalités du terrain, le poids et l'imprécision des appareils.

Contemporain de Petibled, l'Ecossais John Spence, cordonnier, était fasciné par tout ce qui était leviers et roues. Ses recherches étant peu lucratives il dut revenir à son ancien métier. Sa passion des inventions ne le quitta pas pour autant et il continua ses recherches. Il consacra la fin de sa vie à deux d'entre-elles : une moissonneuse et des patins. Il s'agissait en fait de patins à glace dont les lames étaient montées sur des roulettes.

 

1823 : Tyers

Si Spence ne connut pas la célébrité il en fut tout autrement de Robert John Tyers. Ce marchand de fruits de Piccadilly conçut en 1823 des appareils à fixer aux chaussures. Il les baptisa du nom de Volito (je voltige).

A Bordeaux, Robinson présenta en 1823, le premier spectacle sur roulettes donné en France.

 

1825 : Löhner

Deux ans plus tard, August Löhner, horloger à Vienne, inventa des patins originaux, les seuls à cette époque dont les roulettes ne sont pas en ligne. Il estimait qu'avec ses " chaussures mécaniques à roues " on pouvait se déplacer sans effort.

 

1828 : Garcin

Pendant ce temps, le français Jean Garcin s'apprêtait à faire parler de lui. Célèbre patineur à glace du premier Empire et de la Restauration avait écrit le premier livre publié en France sur ce sujet : Le vrai patineur, ou Principes sur l'art de patiner avec grâce (1813). Il eut en 1828, l'idée de construire des machines à roulettes, grâce auxquelles il pourrait patiner en toute saison. Elles étaient munies de montants, ou " éclisses " , qui s'attachaient au niveau du mollet.

Il avait probablement un sens de la publicité qui manqua à ses prédécesseurs. Il baptisa son patin le " cingar " et en fabriqua jusqu'en 1839.

 

1849 : Legrand, Le prophète de Meyerbeer

Vingt ans après Garcin, le Parisien Louis Legrand, créa un nouveau type de patins, désitinés eux aussi à être utilisés toute l'année. Il eut la bonne idée de proposer aux débutants un modèle spécial, rendus plus stables par des roues doubles, diminuant les risques de chutes.

En 1848, un original nommé Constant, exécutait des prouesses en patins à roulettes sur l'asphalte environnant l'Obélisque de la Concorde. Or le compositeur berlinois Meyerbeer logeant au Rond Point des Champs Elysées, remarqua Constant, tandis qu'Il composait son opéra " Le Prophète ". Cette pièce eut un tel succès qu'on la joua bientôt au Covent Garden de Londres, puis à La Nouvelle Orléans. En 1849, le théâtre de la Nation, monta l'opéra " Le Prophète " qui comportait un ballet de patineurs. On demanda à Legrand de fournir les patins et d'enseigner la pratique aux danseurs. Les danseurs ont immédiatement senti le parti qu'ils pourraient tirer des patins à roulettes.

Legrand est le dernier grand inventeur de la période allant de 1760 à 1860. Les pionniers de cette époque avaient quelques points de ressemblance : patineurs sur glace essayant de rendre leur activité indépendante du gel, ils nourrissaient pour les inventions mécaniques une passion qui s'étendait souvent à un domaine bien plus vaste que le patinage. Les patins de Legrand paraissaient moins perfectionnés que ceux de Tyers ou même de Garcin.

Les premiers patineurs ne disposaient pas de lieux spécifiques pour leur activité. Ils en étaient réduits à profiter des rares surfaces planes que leur offrait la ville. Plus tard, on les vit évoluer à Paris entre les colonnes du Palais Royal dont le sol avait été recouvert de dalles neuves. Au début des années 1820, grâce au modèle de Petibled, des patineurs réapparurent sur les Boulevards. Puis, on ouvrit les premières écoles de patinage. La plus ancienne fut installée par Tyers en 1823 sur un court de tennis désaffecté à Londres. L'année suivante, à Bordeaux, Robinson fonda lui aussi une école. Quatre ans plus tard, Garcin fit construire, près du bassin de La Villette, un " gymnase " ou " école du cingar " pour apprendre à patiner sur un sol préparé sans danger. Le plancher était formé de dalles bien jointes offrant une surface suffisamment lisse. En 1849, Constant fonda lui aussi, à Passy, un petit gymnase au sol dallé et bitumé dans lequel il donnait des leçons de patinage.

 

Sur quatre roues

1863, année cruciale dans l'histoire du patinage à roulettes avec l'apparition des premiers patins à roues orientables. Avant cette date, tous les patins avaient des roues alignées qui ne tenaient pas la route. Les roues avec essieux mobiles allaient ouvrir des perspectives nouvelles en rendant possible l'exécution de figures.

1863, James Léonard Plimpton père du patinage moderne.

Né en 1828, l'année où Garcin inventait ses cingars, il inventa les patins modernes. De santé fragile et sur les conseils de son médecin qui lui recommandait de faire du patin à glace, Plimpton imagina des patins à quatre petites lames : deux à l'avant et deux sous les talons. Cette idée ne fut pas un succès mais son adaptation aux patins à roulette s'avéra géniale.

Le patin repose sur quatre roues en bois montées sur deux essieux rendus mobiles par des articulations. Ce nouveau patin reçu le nom de rocking skate (patin à bascule). Plimpton essaya avec la technologie de son temps de réduire l'usure occasionnée par le frottement des roulettes en sertissant une bague de bronze à l'intérieur du trou de l'essieu des roues et en munissant ses patins d'un système de lubrification : une vis sans fin entraînait vers les points de friction la graisse contenue dans un réservoir.

 

1876 : l'Europe concurrence l'Amérique

Ces patins n'étaient pas vendus aux particuliers mais à des propriétaires de patinoire qui les louaient à leur clientèle et assuraient ainsi les meilleures conditions de maintenance et d'utilisation. Plimpton lui-même fit construire de nombreuses patinoires aux pistes en bois en Europe et aux Etats Unis.

Bien que son invention fût protégée par des brevets, Plimpton eut de nombreux imitateurs. Il continua d'améliorer son invention jusqu'en 1884 date à laquelle ils furent supplantés par ceux de Richardson.

En France, les patins de Plimpton furent présentés à l'Exposition universelle de 1867 et furent importés au cours des années suivantes. On produisit ensuite les patins Spiller (marque anglaise) pendant que de nombreux fabricants français se lançaient dans leurs propres créations.

Le problème majeur subsistait : celui du graissage des roues, qui n'étaient pas encore montées sur roulements à billes. Les roulements lisses se grippaient dès que le lubrifiant venait à manquer, et prenaient rapidement du jeu. De plus la graisse faisait du patin un objet salissant.

Malgré leur supériorité, les patins de Plimpton ne détrônèrent pas complètement les modèles à roues alignées. Ils étaient plus légers, ne demandaient aucun réglage et leur prix de revient était moindre. La réussite de Plimpton stimula les inventeurs et l'on vit une floraison de modèles insolites : à trois, six ou même huit roues !

 

Les skating-rinks anglo-saxons.

L'invention de Plimpton déclencha aux Etats Unis une véritable passion collective qui culmina au début des années 1870 et déferla sur l'Europe en commençant par l'Angleterre.

On créa de nombreuses patinoires qui prirent le nom de skating-rinks. Le premier fut construit en 1863 à New York. La mode du patinage à roulette atteignit son apogée en Europe en 1876. Londres et sa banlieue comptaient plus de soixante patinoires, les pistes étaient en ciment, en bois ou en asphalte. Certaines étaient dallées de marbre, fréquentées par une clientèle aristocratique.

 

Paris se met au diapason.

La mode gagna rapidement le continent, puis Paris où l'on vit apparaître plus d'une quinzaine de patinoires qui firent très vite concurrence au bals publics. Les skating-rinks s'adressaient à une clientèle aisée. Après les épreuves politiques et économiques dues à la guerre de 1870, la bourgeoisie manifesta un appétit de luxe et de plaisirs d'autant plus effréné qu'elle doutait de la stabilité du pouvoir. Puis, cette distraction se démocratisa. En 1875, au rond-point des Champs Elysées la première patinoire fut inaugurée. Autour de la piste de 1.000 mètres carrés on aménagea un jardin d'hiver, un café, un restaurant, des buffets et des bars américains. On y donnait des fêtes et des concerts. L'illumination électrique constituait une nouveauté qui contribuait à l'ambiance luxueuse du lieu.

Le skating-Palais du Bois-de-Boulogne était encore plus somptueux et proposait une piste de 2.000m². On y donnait des fêtes au cours desquelles des virtuoses du patinage exécutaient leurs prouesses.

Ces deux skating-rinks étaient couverts. Celui du Faubourg St-Honoré innova en proposant une piste en plein air dallée de marbre blanc de Carrare.

Le skating-rink de la Chaussée d'Antin se distinguait par son architecture d'avant-garde : sa charpente métallique reposait sur des colonnes de fonte, sa piste en bitume était recouverte d'un enduit à base de poudre d'ardoise appliquée à chaud, puis polie.

 

On patine dans les bals et les « caf'con' »

Le bal Bullier était célèbre. On transforma une de ses salles pseudo-mauresques en patinoire. On y organisait des tombolas, des tournois, des courses etc. Midinettes et étudiants de quartier latin s'y donnaient rendez-vous et y faisaient régnaient une chaude ambiance.

Nombres de ces bals adoptaient une formule mixte : s'ils disposaient de plusieurs salles, l'une d'entre elle était consacrée au patinage, s'il n'en n'avait qu'une, certains jours de la semaine étaient réservés aux patineurs.

On pouvait également patiner dans les cafés-concerts : à l'Alcazar, au Moulin Rouge ou aux Folies Bergères, fréquentés par un monde interlope.

De nombreux autres établissements proposaient des pistes. Ils proposaient tous une spécialité.

Cette mode ne dura que quatre ans et les dernières patinoires durent fermer leurs portes en 1880.

 

Deux virtuoses américains.

La grande vedette des années 1860 fut l'américain William Fuller. Il fut engagé par un directeur de cirque australien pour étonner ses compatriotes. Sa première apparition au Théâtre Royal de Melbourne fut un triomphe et dès ce moment-là le patinage à roulette fit fureur en Australie.

Contemporain et compatriote de Fuller, Jackson Haines fut également un excellent patineur. Maître de ballet à Philadelphie, il est le premier à introduire la danse dans le domaine du patinage. Il inventa la pirouette assise. Il était critiqué dans le milieu du patinage peu favorable à la liberté de son style.

 

La mode sur les rinks.

Durant la période 1876-1880, les patineurs obéissaient à des règles vestimentaires très précises. Ils portaient le veston, la redingote ou l'habit à queue et se coiffaient d'un chapeau melon ou d'un haut de forme. Les gants clairs formaient contraste avec l'habit foncé. Le monocle ajoutait une pointe de distinction et le port de la canne contribuait à l'élégance tout en assurant l'équilibre. Les dames portaient le chapeau Rubens à plumes flottantes, les jupes étaient ajustées à la hanche, ornée de rubans, s'élargissait à la base et ondulait au gré des mouvements. Elle chaussait des bottines à hauts talons. Une bourse, des gants, un éventail, une châtelaine étaient indispensables pour parfaire cette tenue. Rares furent les femmes qui osèrent le pantalon !

 

Contenu

 

Quelques photos

 


1874. Grande Bretagne.

 


1876. Marque inconnue

 


1880. U.S.A

 


1884. U.S.A.

 


1893. Grande Bretagne.

 


1909. Grande Bretagne.

 


1910. Grande Bretagne.

 


1910. Grande Bretagne

 


1910. Grande Bretagne.

 


1910. Grande Bretagne.

 


1912. France.

 


1912. France.

 


1922. France.

 


1960. U.R.S.S.

 


1980. Grande Bretagne.

 


1980. Italie.

 


1989. U.S.A.

 


1987. France.

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